Chronologie

2019 Bruxelles - texte panneau 1

 
« Qu’avons-nous fait de nos rêves ? » KnustFestival, Bruxelles.
Titre et texte de la grande toile pour l’exposition à Bruxelles.
23 avril 2019. 
Autoportrait de l’artiste avec une amie de Bruxelles, photo prise à Lisbonne en 1965. « Qu’avons-nous fait de nos rêves ? » – Peinture-dessin-photo-écriture – 3 x 2,6 m – Peinture acrylique noire de carbone sur toile de coton, en deux lés cousus – Chartres et Bruxelles, 2019. 
Deux adolescents dans la nuit nous regardent les regardant, témoins de leurs rêves d’enfants des années 60. Ils semblent demander ce que devient notre monde. Ils n’ont pas peur, ils sourient légèrement, il y a dans leurs regards une interrogation, ils sont surpris d’être photographiés, ils marchent dans le parc Edouardo VII, ils se sont arrêtés pour la photo. Derrière eux l’obscurité noire et trois lumières comme des étoiles placées près de leurs têtes. Ils sont surpris par le flash.
La nostalgie y est douce, ici la « saudade » ; mais l’interrogation est celle des adolescents, « qu’avez-vous fait, que faisons-nous de nos rêves ? ».
Si nous photographions des adolescents du même âge maintenant, que verront-ils dans 50 ans ?
La photographie tient dans la main et me dit
Ici un rêve de lointaine « saudade » 
Une photo et l’histoire d’une grande toile 
Alors je m’éloigne au plus près de la peinture
Dans une nouvelle réalité, l’écriture
La précision sans affect de l’agrandissement me rassure 
Si j’abandonne la peinture, je le fais en grand
Est-ce la dernière peinture ou la première ?
Elle est celle du désapprentissage
J’abandonne la mélancolie de mon âge
Désarçonné, je m’affranchis de tous mes rêves
C’est un hybride, une photo-écriture-peinture
 
Avec une seule couleur
Celle, jadis, du charbon sur la Senne
Le noir de carbone 
Et le blanc de la toile, atone
Le blanc de titane
La page blanche 
Le noir et blanc
La peinture apparaît en très fine couche
Une pellicule
Un film noir et blanc
Elle se dissout dans l’écriture
Ensemble elles tissent une nouvelle trame 
Un projet, une toile de fond, une page blanche
Le début d’une scène sur grand écran 
Avec un pas de côté, une esquive, l’écriture
Tout est « Cosa mentale »
À l’origine de la peinture ou de l’écriture
Les idées naissent d’un impossible repos
Dans une intranquillité de tous les instants 
Des bifurcations épuisantes mais joyeuses 
Un rêve se meurt, un autre apparaît
Mais les oiseaux meurent et disparaissent 
La terre est blessée et nous avec 
Qu’avons nous fait de nos rêves ? 
Souriez, vous êtes filmés.

Didier Sancey